Classement de durabilité des pays de l’OCDE

Classement de durabilité des pays de l’OCDE

La Belgique se classe en 10e position

Mercredi 11 janvier 2017

  • Degroof Petercam publie, depuis 2008, son classement semestriel de durabilité pour les 35 pays de l’OCDE.
  • La Norvège occupe la première place dans un peloton de tête dominé par les pays scandinaves. La Belgique se classe en 10e position.
  • Que recevons-nous en échange de nos impôts ? L’Irlande obtient proportionnellement la meilleure note en ce qui concerne le rapport entre pression fiscale et note de durabilité. La Belgique retombe à la 23e place dans ce domaine.
  • Les Etats-Unis, en bas de classement,  pourraient bien encore perdre du terrain si Donald Trump met ses intentions à exécution.

Méthodologie

Ce classement aide Degroof Petercam Asset Management à déterminer les obligations souveraines pouvant entrer en ligne de compte dans ses fonds durables, en sélectionnant les pays considérés comme les plus durables et les plus responsables.

Le modèle repose sur cinq grands piliers de durabilité, à savoir la transparence et les valeurs démocratiques (1), la population, les soins de santé et la distribution des richesses (2), l’environnement (3), l’éducation et l’innovation (4) et l’économie (5).

« L’analyse de la durabilité a pris tout son sens lors de la crise de la dette dans la zone euro et a démontré l’importance de bien examiner les enjeux en matière de durabilité au niveau des Etats afin d’anticiper leur capacité à rembourser leurs dettes et non leur capacité à accroître leur endettement », explique Ophélie Mortier, responsable de la stratégie Investissements responsables chez Degroof Petercam.

Les Etats-Unis toujours en queue de classement

Depuis la création de notre modèle, les Etats-Unis se sont toujours positionnés dans le dernier tiers du classement avec une note à peine supérieure à 50/100.

Les cinq points de retard des Etats-Unis par rapport à la moyenne obtenue par les 35 Etats membres s’expliquent essentiellement par des critères environnementaux et sociaux.

D’une part, les Etats-Unis continuent à consommer beaucoup de charbon, ce qui provoque d’importantes émissions de gaz à effet de serre. D’autre part, le poids de l’énergie renouvelable dans le mix énergétique total du pays reste en dessous de la moyenne.

Du côté social, les inégalités sont comme chacun le sait nombreuses aux Etats-Unis, en atteste le coefficient GINI. Seul le Mexique fait moins bien sur ce plan. L’importance de la population carcérale pèse également dans la balance.

L’obésité généralisée représente une autre problématique à moyen et long terme pour la population qui encourt ainsi un risque de santé important et s’expose dès lors à de lourdes conséquences financières.

« Si, de manière générale, les Etats-Unis obtiennent une note satisfaisante en matière de démocratie et de libertés, nous regrettons leur refus de reconnaître la Cour Internationale de Justice ou la Convention d’Ottawa sur les mines anti-personnelles. La peine de mort n’a du reste toujours pas été abolie dans certains Etats », précise Ophélie Mortier.

Les Etats-Unis toujours au sommet en matière d’innovation et d’immigration

Les Etats-Unis brillent par contre clairement au niveau de l’innovation. Le pays reste en effet leader dans ce domaine, tant au niveau des dépenses de R&D que du nombre de brevets enregistrés.

L’innovation représente un enjeu clé pour les pays développés et les Etats-Unis l’ont bien compris. Le taux d’emploi des immigrés est également supérieur à celui observé dans plusieurs autres Etats membres, dont la Belgique, et s’explique en partie par la volonté américaine d’attirer des immigrés qualifiés.

« Le niveau de qualification des immigrés aux Etats-Unis et au Canada est nettement plus élevé qu’en Europe. Deux tiers d’entre eux possèdent en effet un diplôme supérieur, soit près du double de l’ Europe », selon Ophélie Mortier.

Avec Donald Trump, les Etats-Unis risquent encore de perdre du terrain

Les déclarations de Donald Trump ne présagent guère d’une amélioration de la situation, bien au contraire. En effet, s’il est clair que Trump ne sortira pas officiellement de l’accord de Paris sur le climat, signé par son prédécesseur, il n’en reste pas moins vrai qu’il n’est pas pressé d’atteindre les objectifs de l’accord en matière de réduction des gaz à effet de serre.

Ses déclarations lors de sa campagne vont clairement dans le sens d’une augmentation de la production de charbon, d’une révision de l’exploitation du pipeline pétrolier Keystone XL et de l’exploitation du gaz et du pétrole en Alaska et dans le Golfe du Mexique.

Même si le plan « America First Energy Plan » de Trump rejette l’importance des changements climatiques, plusieurs études montrent que les Etats-Unis restent très vulnérables dans ce domaine.

L’intention de ramener l’impôt des sociétés de 35 à 20 % est par contre positive pour la transparence fiscale des entreprises américaines qui n’auront plus intérêt à faire imposer leurs bénéfices dans les pays où le taux d’imposition est le plus faible.

« Si de telles mesures seront certes bienvenues à court terme, il existe toutefois un risque pour le financement de la politique publique à moyen terme. Si cela ne s’accompagne pas d’une croissance économique réelle, l’enseignement et la santé seront alors les premiers touchés par les restrictions budgétaires d’une économie américaine déjà fortement endettée. Une amélioration de la note américaine pour ces deux piliers de la durabilité est donc difficile à envisager », conclut Ophélie Mortier.

La Norvège prend la tête du classement

C’est à nouveau un pays scandinave qui occupe la tête du classement. En l’occurrence la Norvège qui obtient la meilleure note pour les piliers social et économique et se hisse ainsi en première place à côté de ses voisins danois et suédois.

Comme l’économie norvégienne repose essentiellement sur l’énergie fossile qu’est le pétrole, la marge de progression en matière environnementale est importante, surtout au niveau du développement des énergies renouvelables, encore très peu présentes dans le mix énergétique du pays. L’efficacité énergétique est également encore perfectible étant donné l’importante quantité d’énergie consommée par rapport à la croissance économique.

Les institutions sont solides et la liberté de la presse est grande. Sur le plan économique, le pays est solide et possède des finances publiques saines. Enfin, les inégalités sociales sont pratiquement inexistantes, avec des richesses par habitant supérieures à la moyenne de l’OCDE.Si une note de durabilité est importante, il est tout aussi important de s’attarder sur la pression fiscale qu’imposent les pays pour atteindre ce niveau de durabilité. Si nous considérons proportionnellement la pression fiscale des pays et leur position au classement de la durabilité, la première place revient à l’Irlande. L’Irlande occupe en effet la 14e place en termes de durabilité, mais affiche aussi une pression fiscale relativement faible. Dans ce classement, la Belgique occupe une peu enviable 23e place, alors que les Etats-Unis se classent en 6e position.

ranking sustainability
ranking fiscal pressure compared to sustainability

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