Nouveau livre économistes Banque Degroof Petercam

Nouveau livre économistes Banque Degroof Petercam

L'économie digitale : rêve ou cauchemar?

Jeudi 12 janvier 2017 — Dans le livre « L'économie digitale : rêve ou cauchemar? », deuxième volume de la série « Analyses économiques », les économistes de Banque Degroof Petercam analysent l'impact que l'évolution/la révolution numérique exerce sur notre tissu économique.

Qui aurait pu prédire, voici vingt ans, que l'Internet mobile et les smartphones seraient omniprésents dans nos vies ? Ou que des drones livreraient des colis ? La numérisation influence insidieusement la chaîne de production et le contenu des emplois actuels. La question est de savoir quelle empreinte définitive la numérisation et l'hypermondialisation laisseront derrière elles, et quels pays et types d'entreprises en sortiront vainqueurs.

Dans les divers chapitres de ce livre, nos experts démontrent que dans une économie numérique , la fiscalité doit bénéficier d'une approche différente et comment la numérisation va façonner notre croissance à venir. Ils montrent également que les big data et l'information numérique influencent la pensée économique proprement dite, et enfin, expliquent  la manière dont la technologie met les emplois de la classe moyenne sous pression, en aggravant l'inégalité des revenus.

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Vous trouverez ci-dessous les conclusions résumées pour chaque chapitre.

Bruno Colmant - Un basculement sociétal

  • La 'destruction créative' qui accompagne l'économie numérique fait émerger de plus en plus d'organisations décentralisées qui affaiblissent le rôle de l'État-nation. Celui-ci est remplacé par des réseaux flexibles et mobiles dont Internet est le pivot.
  • Les pays innovants qui contrôlent Internet absorberont cette nouvelle richesse.
  • Il s'agit surtout d'entreprises à forte intensité de capital, qui ne créeront pas nécessairement beaucoup d'emplois pour autant.
  • Il existe une mondialisation géographique (vers l'Est, qui concerne la production) et une mondialisation intellectuelle (vers l'Ouest, qui porte sur les services).
  • Dans ce nouvel ordre mondial, il faut une impulsion visant à rapprocher les instances publiques et privées dans certains domaines, afin de limiter les perturbations sociales.

Hans Bevers – Stagnation séculaire, innovation et productivité

  • Allons-nous vers une période de stagnation prolongée ? La question se pose. La diminution constante du taux réel (corrigé avant inflation) ces dernières décennies indique un déficit structurel de la demande. La faible demande d'investissements et le recul de la croissance démographique renforcent cette possibilité.
  • La prochaine génération connaîtra-t-elle un avenir économique favorable ? La période entre 1870 et 1970 s'est distinguée par l'avènement des chemins de fer, des navires à vapeur, du télégraphe, de l'électricité et du moteur à explosion, qui ont démultiplié notre productivité. Aujourd'hui, ce type d'innovations marque quelque peu le pas, ce qui contribue à expliquer le ralentissement de l'augmentation de la productivité.
  • La numérisation contribue au bien-être général, mais jusqu'à présent, ni les nouvelles manières de se détendre, ni l'augmentation des échanges d'informations entre amis ne se traduisent par un supplément de salaire ou de recettes fiscales. La question consiste à se demander si la formation et les nouvelles compétences peuvent permettre à notre population active de garder l'avantage sur les machines.
  • Si les pouvoirs publics avaient emprunté plus tôt la voie de l'assouplissement monétaire et des investissements budgétaires en applications intelligentes greffées sur la révolution numérique, ils auraient sans doute pu nous donner plus de force de frappe, en tant que société, pour faire face à ces changements.

Le 'remède des trois R' (Requalifier, Réinvestir et Redistribuer) semble indispensable pour compenser les effets secondaires négatifs de la mondialisation et du progrès technologique, afin de favoriser la cohésion sociale.

Michiel Verstrepen – Comment les big data peuvent mesurer (et transformer) une économie

  • Au cours des deux dernières décennies, plusieurs innovations ont transformé l'économie. Il s'agit plus précisément du rôle croissant de l'informatique et des technologies de la communication dans les processus de production et les transactions économiques. Ces développements ont donné naissance à une explosion de données nouvelles.
  • Quoi qu'il en soit, l'avènement de l'économie numérique démontre à nouveau que le PIB n'est pas un indicateur (adéquat) de la richesse. En effet, l'économie numérique a produit une gamme colossale de biens et de services dont beaucoup sont mis à disposition gratuitement ou presque (par exemple : musique, films, moteurs de recherche...). Selon certains, des biens et services abondants valent plus pour les consommateurs que ce qu'ils doivent les payer.
  • Toutes ces nouvelles informations donnent naissance à des possibilités de mesure, plus affinées et plus rapides, du rythme de notre croissance économique. Nous pensons aux termes saisis dans les moteurs de recherche en ligne, aux images satellite, ou encore aux modifications de prix fulgurantes que pratique le commerce électronique.
  • Le défi consiste à obtenir des données de plus en plus précises afin de pouvoir y attacher les bonnes décisions (stratégiques). Il implique sans doute un conflit au niveau du respect de la vie privée, c'est pourquoi les données ne peuvent être collectées que dans certaines limites juridiques.

Thomas Van Rompuy – Chômage technologique pour la nouvelle classe moyenne ?

  • Quel impact la révolution numérique a-t-elle eu sur la distribution de notre richesse, l'avenir de notre marché de l'emploi et notre communauté au sens large ?
  • Une première constatation est que ces dernières années, l'inégalité prend de l'ampleur dans le monde occidental, même si la Belgique constitue une exception en la matière. Par conséquent, une part importante de la communauté occidentale a dû faire face, au cours des dix dernières années, à une diminution de son revenu disponible en dépit du progrès technologique et de l'explosion de la prospérité de la classe supérieure.
  • Sans oublier que le nombre d'emplois moyennement qualifiés diminue en même temps que le nombre d'emplois dans l'industrie, et ce y compris en Belgique. C'est d’une part la conséquence de la mondialisation (les activités se délocalisent vers les pays où elles sont le plus rentables) et d’autre part la conséquence de la technologie (la robotique est capable de remplacer partiellement ou entièrement certains travaux faciles). Les emplois peu qualifiés sont moins touchés par cette évolution parce que les robots sont incapables d'assumer des travaux à travail intensif et non routiniers, comme la garderie d'enfants, l'aide ménagère ou la construction, et qu'il est impossible de les déplacer à l'étranger.
  • L'inégalité croissante est aussi aggravée par ce que l'on appelle 'économie des superstars' dans laquelle une entreprise, un logiciel, ou un réseau uniques peuvent acquérir un statut de quasi-monopole international.
  • Sur le plan social, la révolution technologique et la mondialisation se traduisent par l'apparition de tendances politiques comme celle de Donald Trump et des tenants du Brexit, qui s'efforcent de lutter contre la mondialisation et prônent le protectionnisme. Ils s'opposent à une nouvelle génération pour qui la mondialisation et les réseaux constituent une évidence.
  • Les gagnants de la révolution numérique seront les pays ayant une population hautement qualifiée et flexible, ainsi que de bonnes infrastructures.

Bruno Colmant – Une complexe équation fiscale

  • Dans l'ère numérique, les flux physiques quittent l'économie réelle et sont remplacés par des flux numériques soutenus par l'automation.
  • Le problème se pose surtout dans le cadre de la fiscalité. Dans un paradigme pré-numérique, la valeur ajoutée provenait du travail, et était donc taxée par l'entremise du revenu du travail. Si des ordinateurs ou des robots viennent à remplacer les humains, le gain de productivité se déplace vers l'entreprise qui est propriétaire de ces processus. La base imposable se déplace du revenu vers l'entreprise, qui n'est pas soumise à une autorité fiscale unique.
  • SI les gains de productivité se déplacent vers des processus numériques dont les propriétaires peuvent générer d'importantes économies d'échelle, la base des impôts pourrait aussi se déplacer vers l'usage/la consommation, ce qui est moins équitable socialement. Cette évolution générale demande, dès aujourd'hui, une réflexion approfondie.
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