Perspectives : quels investissements pour le Belge en 2017 ?

Quelles sont les actions intéressantes dans le Benelux ?

Mercredi 30 novembre 2016 — Banque Degroof Petercam dresse un tableau de sa vision du climat financier et de sa stratégie d’ investissements pour 2017. Le scénario retenu depuis plusieurs années déjà par Banque Degroof Petercam est celui d’une croissance modérée dans les pays occidentaux associée à une faible inflation, le tout entraînant une politique monétaire (très) souple. Plusieurs évolutions récentes nous ont toutefois amenés à apporter quelques ajustements à notre point de vue pour 2017. Les Etats-Unis, le Japon et, dans une moindre mesure, l’Europe parlent ainsi de programmes d’investissements ambitieux et d’une politique budgétaire plus souple. Reste à savoir si ces plans resteront en grande partie lettre morte ou se traduiront au contraire réellement par une politique de relance efficace. Même en tenant compte de l’incertitude existante, la préférence de la banque va clairement aux... marchés d’actions.

Scénario macroéconomique

Etats-Unis : investissements dans les infrastructures, inflation et relèvement des taux

L’élection de Trump a créé une nouvelle dynamique et de nouvelles attentes sur les marchés financiers. Son programme électoral très ambitieux est saupoudré de mesures de relance budgétaires et d’investissements dans les infrastructures pour un montant d’environ 7.000 milliards de dollars

Hans Bevers, économiste en chef de Banque Degroof Petercam : « Même en supposant que Trump ne réalise qu’une fraction de ses plans vu la faible majorité des Républicains au Sénat, cela pourra avoir un impact positif important sur la croissance aux Etats-Unis ces prochaines années. Une amélioration de la croissance conjuguée au faible taux de chômage et à l’augmentation des salaires poussera l’inflation à la hausse. De quoi inciter alors la Fed à relever ses taux, ce qui se traduit déjà par une courbe des taux ascendante ».

Zone euro : conjoncture légèrement positive et taux bas

La zone euro reste confrontée à des défis structurels comme la mise en place d’une véritable union fiscale et budgétaire, une évolution démographique défavorable, un secteur bancaire chancelant et diverses incertitudes géopolitiques. Malgré cela, la conjoncture européenne montre une timide évolution positive.

Hans Bevers : « L’année 2017 sera cruciale pour la zone euro compte tenu des élections prévues aux Pays-Bas, en France, en Allemagne et en Autriche. La question consiste à savoir si cela pèsera ou non sur l’unité au sein de l’union monétaire. Nous nous attendons à ce que la zone euro continue à surfer sur cette vague conjoncturelle légèrement positive et certains Etats membres devraient instaurer une politique budgétaire favorable à la croissance ».

La fragilité de la zone euro et la faible inflation structurelle associées à un endettement public élevé devraient, selon toute vraisemblance, inciter la BCE à maintenir une politique monétaire extrêmement accommodante au-delà de mars 2017.

Chine : les risques à la baisse persistent

L’avis sur la Chine n’a pas changé. Selon Degroof Petercam, le pays devrait éviter un « atterrissage brutal », mais son économie n’en continuera pas moins à perdre graduellement de la vitesse. Indépendamment du fait que ses chiffres de croissance officiels semblent surévalués, la Chine devrait soutenir en partie sa croissance fléchissante à travers des investissements publics et un assouplissement monétaire dans le cadre d’une politique « stop & go ».

Les défis d’une population vieillissante, d’un déraillement de la dette et d’un potentiel moins important pour opérer un mouvement de rattrapage continueront à peser sur la croissance ces prochaines années. Les propositions politiques de Trump, qui annoncent une guerre commerciale avec la Chine, renforcent encore ce sentiment.

Dans quels actifs investir en 2017 ?

Actions : préférence pour l’Europe et davantage d’enthousiasme pour les Etats-Unis

La combinaison entre croissance économique modérée et crédits bon marché a créé ces dernières années un climat favorable pour les investissements en actions, qui devrait selon toute vraisemblance persister. L’accentuation du momentum autour d’une politique de relance par les pays occidentaux pourrait stimuler cette croissance, ce qui est positif pour les bénéfices des entreprises. Les actions restent donc la classe d’actif d’investissement préférée de Banque Degroof Petercam pour 2017.

Jérôme van der Bruggen, Responsable de la stratégie d’investissement de la gestion privée: « Malgré une année 2016 difficile, notre préférence va toujours aux entreprises européennes dans la mesure où celles-ci affichent les primes de risque les plus élevées. Nous tenons compte d’une augmentation des marges bénéficiaires pour les entreprises et les actions européennes, y compris celles du Benelux, affichent dans ce cas le potentiel le plus important ».

Banque Degroof Petercam a aussi relevé récemment sa position en actions américaines, aux dépens des pays émergents. Les valorisations des actions américaines sont relativement élevées, mais cela est compensé par l’ampleur des investissements que propose Trump. Les pays émergents sortent d’une excellente année et la prime de risque est désormais plus faible.

Obligations : obligations à court terme et investment grade

La banque privilégie pour le moment les obligations à court terme. Ce choix a du reste été confirmé par la hausse des taux depuis le second semestre. Nous ne prévoyons toutefois pas de nouvelle forte hausse des taux. L’inflation sous-jacente reste faible et la politique monétaire devrait par conséquent rester souple un certain temps encore.

Jérôme van der Bruggen : « Au niveau des obligations, Banque Degroof Petercam a une préférence pour deux types de placements. D’une part les obligations de sociétés de grande qualité (ou investment grade) car elles offrent une prime de risque acceptable pour une durée qui n’est pas trop longue. D’autre part, les obligations souveraines indexées, en particulier les américaines qui pourraient tirer profit d’une hausse de l’inflation que nous attendons fin 2016 en vertu de l’effet de base des prix de l’énergie ».

Or :

Malgré sa grande volatilité, l’or a toujours sa place dans un portefeuille d’investissements sainement diversifié. Les taux réels sont encore négatifs, ce qui profite à l’or et soutient son cours. Tout comme le dollar, l’or fait office de refuge en cas d’agitation extrême.

Devises : dollar, court terme versus long terme

Pour le dollar américain, la médaille a deux faces. D’un côté, un réflexe protectionniste aux Etats-Unis pourrait conduire à une politique axée sur un affaiblissement du dollar pour préserver la position concurrentielle internationale. Nous constatons également que le dollar est déjà relativement cher dans une perspective historique (= à long terme). De l’autre, une hausse des taux et de l’inflation aux Etats-Unis pourrait favoriser une hausse du dollar (à court terme).

Dans quelles actions du Benelux investir ?

Les analyses de l’équipe de recherche Actions (sell-side*) de Banque Degroof Petercam font apparaître une prime de risque élevée qui fluctue autour de 6,5 % en Europe. Le ‘earnings yield' (l'inverse du rapport cours/bénéfice) sur le marché belge est un peu plus élévée que celui de la moyenne européenne.

Sur les 5 dernières années, les sociétés européennes n’ont en moyenne pratiquement pas affiché de croissance bénéficiaire. La hausse des bourses en Europe et en Belgique de 2012 à 2015 n’ont pas été alimentées par une croissance du bénéfice par action, mais par des valorisations plus élevées. Nous observons toutefois une reprise un peu plus prononcée des bénéfices depuis mi-2016.

Stefaan Genoe, Head of Equity Research: « Les entreprises au Benelux ont un caractère très ouvert, avec souvent une partie importante du chiffre d’affaires réalisée en dollar et dans des pays liés au billet vert. La récente appréciation du dollar ne s’est pas encore traduite dans les estimations bénéficiaires et au niveau actuel, la base de comparaison avec les deux premiers trimestres de l’année dernière est favorable. La force du dollar devrait donner une impulsion supplémentaire à la reprise naissante des bénéfices des entreprises au Benelux. Conjuguée à la baisse des marchés d’actions en 2016 (Bel20 -6%), cela donne pour les entreprises au Benelux un rapport cours/bénéfice de 15.1, en-deçà du niveau des années précédentes

Même si la vigueur du dollar est positive pour bon nombre d’entreprises Benelux cotées en bourse, nous essayons d’abord de comparer la valorisation des différentes actions aux perspectives de croissance. Et les entreprises belges cotées en bourse qui occupent une position solide sur plusieurs marchés émergents structurellement forts ne manquent pas.

En considérant la valorisation et les perspectives de croissance, notre préférence dans le Benelux pour 2017 va à :

  • ASML

    • Nous nous attendons à ce que ASML consolide sa position dominante en tant que producteur de machines destinées à l’industrie des semi-conducteurs grâce à sa technologique lithographique EUV unique (ultraviolet extrême).
    • Avec une valorisation de 18x EV / EBITDA, l’action n’est pas bon marché, mais un renforcement de la croissance est attendu.
  • Barco

    • Grâce à sa forte position en Chine, la croissance du produit ClickShare et des salles d’opérations numériques, Barco a des moteurs de forte croissance.
    • Avec une valorisation EV / EBIT de 11, la société est valorisée à un prix avantageux. Le dollar fort constitue un stimulant supplémentaire.
  • DSM

    • Au cours des dernières années, DSM s’est transformée d'un conglomérat chimique en une entreprise avec deux activités principales: Nutrition et Materials.
    • Son bilan solide sera encore fortifié grâce à la vente de la participation dans Patheon, qui est actuellement valorisé à environ 1 milliard d'euros.
  • Galapagos

    • Galapagos est une société de biotechnologie diversifiée, disposant de plusieurs produits potentiels dans un stade de développement avancé.
    • L'entreprise peut facilement financer ses développements grâce à sa solide trésorerie (EUR 960m). Le solide portefeuille de produits apportera les " flux de nouvelles" nécessaires en 2017.
  • ING

    • Depuis la remontée des taux ces dernières semaines, l'ensemble du secteur bancaire est à nouveau en essor. Avec l’essentiel de ses revenus constitués de revenus d'intérêts, ING est bien placée pour en tirer profit. Grâce à l’accent qu’elle a mise sur la maîtrise des coûts, la banque peut également investir dans sa position de leader en digitalisation et résister à la pression réglementaire sur ses bénéfices.
    • Avec un rapport cours/bénéfice attendu de 11 et un rendement de dividende brut de 4,4% pour 2016 ING note encore en-deçà des moyennes du secteur (respectivement 14 et 3,9%).
  • Melexis

    • Melexis tire pleinement parti de l'appréciation du dollar, mais l’augmentation structurelle de la demande de semi-conducteurs dans les voitures et les camions est plus importante.
    • Avec un ratio 18x EV / EBIT, l’action n’est pas bon marché mais le cours est parfaitement justifié au vu de la forte croissance structurelle.
  • Tessenderlo

    • Les 2 et 3 prochaines années, la croissance de la division Agroalimentaire sera tirée par l'expansion des capacités dans les engrais liquides spécialisés tels que STS et ATS, entre autres utilisés pour les céréales, les fruits, les légumes, etc.
    • Avec un rapport 8,2 fois EV / EBITDA, la valorisation n’est pas excessive compte tenu du profil de croissance. Par ailleurs, l’actionnaire de référence augmente constamment sa participation, ce qui soutient encore le cours.
  • Leasinvest (part immobilière)

    • 2016 est la meilleure année de Leasinvest depuis toujours grâce à l'acquisition du ‘Koninklijk Pakhuis’ fin 2015 et la vente de Royal 20 à Luxembourg.
    • Les résultats 2017 et 2018 seront stables à cause de quelques rénovations, mais le «payout» peu élevé permet une nouvelle augmentation du dividende. Le rendement du dividende brut pour 2016 est estimé à 5,1%.

* Il s’agit de la recherche de nos analystes sell-side (qui fournissent des conseils externes à nos clients institutionnels) et non des analystes buy-side (qui conseillent nos gestionnaires de fonds internes).